Pix: [ Alice ]
Rien au monde n'équivaut au bonheur de laisser ses envies envahir sa raison.
C'est effrayant, étourdissant, jubilatoire .De toute façon je ne vis plus que pour ces petits moments volés où je me plonge avec délice dans le côté créatif de mon cerveau.
La vie est une histoire des plus poétiques...
Pour la voir, il faut d'abord fermer les yeux. Puis, faire défiler dans sa tête de la musique, peu importe le programme, tant que ça vous plait.
Lorsqu'on rouvre les yeux, le cerveau saoulé de notes, la vie devient merveilleusement touchante.
On est plein d'espoir, on se voit rayonnant, sauvant la planète avec ses yeux, son sourire et son c½ur. On imagine des gens heureux, simplement conscients de la chance d'exister, simplement surpris du bonheur de la simplicité ou de la simplicité du bonheur, parfois même les deux.
La vie est une pomme, on mord dedans, et c'est si délicieusement piquant que l'on pleure d'extase.
Tous les excès enfantins remontent à la gorge, cette parfaite insouciance, agrémentée de sucreries, ces éclats de rire sans raison... Larmes de rire, excès de vie. Et soudain...
On se rend compte qu'on est là, seul, assis dans les escaliers de son college.
Et cette réputation primordiale qui nous dit de ne jamais faire de pas de côté, toujours sourire, être drôle, sympathique, agréable, heureux, travailleur, et, je ne sais pour quelle raison exacte, jamais, jamais seul...
La solitude chez l'adolescent, ça fait théoriquement pitié. Quelqu'un qui est seul, c'est forcément parce qu'il est en marge de la société, rejeté, pas moderne, pas drôle. L'adolescent moyen ne se dit jamais : "Quelle chance, il goûte la vie avec extase, il prend le temps d'admirer le monde qui l'entoure, je n'ose pas aller le voir, ce serait comme enlever du chocolat de la bouche d'un gosse".
Non, il se dit plutôt : "Regarde-le, il fait trop pitié ce mec. Il est tout le temps seul ou mal entouré, pis il bloque. J'sais pas, c'est trop bizarre, il a un regard trop trop space, il se plonge dans le vide comm'ac, pis il y reste dix, quinze minutes. Il est trop zarb j'te jure ! La dernière fois j'me suis dit que j'devais le réveiller, donc j'ai passé ma main devant ses yeux et pis il m'a regardé mais en graine quoi, genre il m'en voulait parce que j'avais OSÉ le ramener à la vie. Bon, il me désole un peu, je vais aller le voir..."
Et ce sont ces jours-là qu'on se dit qu'on aimerait que les hommes politiques cessent de gaspiller leur argent en choses éphémères et futiles et qu'ils commencent un régime, non, une dictature du bonheur, qu'on nous envoie des bonbons par avion, qu'on nous enferme dans des camps où on apprendrait à vivre en autarcie dans une communauté, qu'on aimerait arrêter le temps, détruire cynisme, sarcasme, dépression, qu'on supprime les mots douloureux de notre vocabulaire, qu'on fasse de la propagande, qu'on nous dise que la vie est belle, merde.
C'est étrange les relations entre les gens parfois...
Ils s'approchent de toi, comme captivés par ce que tu pourrais être à première vue. Tout n'est que rapports entre animaux.
À chaque phrase, chaque mot, chaque geste, on attend la réaction de l'inconnu.
Tout n'est qu'analyse, espionnage et hypocrisie.
On dit que la plupart des relations sont épidermiques.
Je ne suis pas complètement d'accord.
Les relations (surtout à la base) représentent un concours psychologique, un test.
Quelle mention a eu celle-ci ? Pétasse prétentieuse.
Recalée.
Et lui ? Timide inaccessible.
Rattrapage à passer : Si nouvel échec : Recalé.
L'important, c'est de laisser le droit aux candidats de repasser le bac des relations. Après tout, sait-on jamais, il y a toujours une marge d'erreur, celle des préjugés.
Bref.
La musique me porte, partout où je vais, je ne suis alors plus qu'une particule, incluse à cette atmosphère lyrique.
J'ai l'impression d'arriver dans un monde où la nature domine, et où le froid enveloppe d'une couche d'éternité blanche, tout ce qui l'entoure.
Mon cerveau se détend, le flot de mots reprend son cours normal, plus de blocage.
Aaaah...
Depuis combien de temps n'avais-je pas écrit, ?
Depuis combien de temps n'avais-je pas été vraiment heureux et insouciant ?
Voilà autour de quoi tourne ma vie actuellement. Je suis dans une coque épaisse, avec une petite pelle en plastique, et pour mission d'enlever, pelletée après pelletée, tout ce qui obstrue la beauté artistique dont je manque.
AliCE __Я тебя люблю